Les personnages

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Mathéo Scarchi (Matt) est un homme d’affaire d’origine sarde par son père et italienne par sa mère. Il émigre avec sa famille au Canada aux débuts des années 70 alors qu’il a 2 ans et se retrouve dans le quartier de la petite Italie, dans la banlieue est de Montréal. Ses parents ont un petit commerce de spécialités méditerranéennes : le marché Sardinia. Il est élevé avec ses 3 sœurs dans un des modestes appartements de ce quartier d’immigrés. À l’école, son caractère bagarreur lui attire des ennuis de la part des professeurs mais aussi des autres élèves. Il quitte l’école à 18 ans et part vers l’ouest, à Vancouver, où il commence par des petits boulots de livreur de journaux et de portraitiste. Il apprend le métier d’éditeur alors qu’il fréquente discrètement Jacqueline Chamberlain, directrice du journal Le Phare Ouest, qui lui offre d’ailleurs un poste d’adjoint à la rubrique musicale. Rapidement, son goût pour la musique et son sens des affaires l’amène à monter son propre journal musical avec son ami d’enfance Stefano : The black key. Il est peu à peu accepté dans la communauté musicale, son journal devient une référence dans le monde de la musique jazz vancouveroise et partout sur la côte ouest de l’Amérique du Nord. Il ouvrira au milieu des années 90 une boîte de jazz, le JAZZ-CLUB! – Vancouver, où l’égérie Judy Niemack fait sensation. Judy sera très proche de lui au moment de l’ouverture de la boîte. Mais bien vite, comme à son habitude, Matt sera attiré par d’autres femmes et délaissera Judy à son sort. Matt est un homme jaloux, égoïste, rude et insatiable, à la recherche permanente de la perle rare qui saura faire encore plus faire briller son allure de beau gosse du sud. De conquête en conquête, il parcourt les bars, piano-bars et autres cabarets à la recherche de son âme sœur, mais ce ne sont, la plupart du temps, que des histoires d’un soir.

Un jour pourtant, alors qu’il attend un rendez-vous au Café du Fairmont Hôtel de Victoria, il fait une rencontre inattendue et cette fois bien différente des précédentes.

Faye Gallaway est une jeune styliste de mode et graphiste pour le monde du prêt-à-porter féminin. Originaire de Sydney, cette franco-australienne de 30 ans voit sa carrière démarrer enfin après une dizaine d’années de galère depuis sa sortie de l’école des Beaux-Arts de Paris. Elle a fait tous les petits boulots de la ville, de serveuse à ouvreuse de boîte de nuit, en passant par figurante pour des mini-productions de série B. Cette grande rouquine élancée aux allures de top model n’a pas encore trouvé de compagnon fixe, trop occupée par ses plans de carrière. Toujours en voyage depuis maintenant plus d’un an, elle a dû couper les ponts avec ses anciens amis pour se plonger corps et âme dans ce métier qui la passionne et pour lequel elle commence à avoir, enfin, un peu de reconnaissance de la part de ses pairs. C’est une femme simple et sensible, attachée aux valeurs de la famille. Son goût artistique se caractérise plutôt dans sa capacité à déceler le beau chez les autres et à le retranscrire en quelque chose de palpable.

Alors qu’elle est de passage à Victoria dans le cadre de la préparation du prochain défilé de la collection automne-hiver de la maison qu’elle représente, elle entre prendre un verre au Café du Fairmont Hôtel pour se remettre du décalage horaire.

Éléanore Jocquères est une jeune étudiante française d’origine canadienne vivant à Paris. Elle vit seule avec sa mère depuis que son père a été expulsé de France alors qu’elle n’avait que 5 ans. Son enfance se déroule dans l’ambiance d’une famille recomposée, en compagnie de son demi-frère et sa demi-sœur. Sa mère la pousse vers une carrière de médecin mais elle, elle chante naturellement et d’instinct du jazz depuis qu’elle a des souvenirs. Elle est même visitée la nuit par des anges musiciens, ce qui la rend quasi insomniaque. Une nuit, elle va fouiller dans les vieilles affaires de sa mère pour trouver une carte postale, et un nom : ‘’Parler à Matt, JAZZ-CLUB! – Vancouver’’. Après d’interminables discussions avec sa mère, celle-ci, n’en pouvant plus d’essayer de la détourner de son attirance addictive pour la musique et pour la scène, la laisse finalement partir, à contrecœur, en Colombie-Britannique pour les vacances d’été.Elle arrive donc à Vancouver, elle a tout juste 20 ans, remplie à la fois d’appréhension et d’espoirs de retrouver ses origines, comprendre d’où elle tient cette passion pour la musique, et tenter de retrouver son père dont elle ne se souvient pas. Elle postule au JAZZ-CLUB! comme chanteuse/serveuse pour tenter d’y retrouver des traces de son passé. Cette carte postale est en effet la seule piste qu’elle a.

C’est une jeune femme tout juste sortie de l’adolescence, sensible et passionnée, attirée par toute forme d’art musical mais surtout les voix. Le Jazz est pour elle un parcours initiatique, une lumière dans l’obscurité, qui l’attire irrésistiblement tel un papillon de nuit.

Judy Norman est une chanteuse de jazz d’origine californienne qui chante depuis 30 ans. Elle a grandi dans la banlieue nord de LA, entre le Quartier de Bel Air et Hollywood, entre les étoiles et la poussière. Elle découvre le chant très tôt avec son frère et sa sœur, dans les chœurs gospel de son quartier. Diplômée de l’université californienne de LA, elle passe avec succès un master en chant et composition jazz à la prestigieuse école Julliard de New York où elle résidera pendant plusieurs années. Sa carrière décolle cependant de manière inattendue par la rencontre avec Matt Scarchi alors qu’elle chante dans des petits pianos-bars à New-York. Matt, subjugué par ce nouveau talent, décide de lui signer un contrat et de l’emmener à Vancouver pour qu’elle devienne la figure de proue du JAZZ-CLUB! – Vancouver, la nouvelle boîte de Jazz à la mode qu’il vient d’ouvrir dans le quartier de Gastown. Au début des années 90, Judy est la star des soirées mondaines vancouveroises. Muse de Matt, elle est à l’origine de sa consécration dans l’univers musical de l’ouest canadien.

Aujourd’hui sur le déclin et délaissée par son patron et ancien ami, elle n’est plus qu’une entraîneuse dans la boîte, qui ravale son aigreur en ressassant ses vieux souvenirs. Et lorsqu’une jeune chanteuse française débarque sur la scène, elle ne compte pas lui faciliter la tâche…

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Robert Jocquères est un Canadien de 45 ans qui vit à Surrey depuis son retour de France il y a une quinzaine d’années. Il a grandi et a passé toute sa jeunesse dans cette banlieue sud de Vancouver où il a étudié le commerce à l’université SFU. Des études chaotiques l’ont finalement amené à sortir avec un diplôme en poche, alors que sa vocation semblait plutôt être la musique, omniprésente dans sa vie depuis qu’il est enfant. Lorsque ses parents décèdent dans un accident, dérouté, il décide d’aller flirter avec le monde du showbiz et du jazz du centre-ville. Il débarque un soir au JAZZ-CLUB! – Vancouver et assiste à un spectacle de Judy Niemack. Leur rencontre très originale, et leur histoire fusionnelle s’arrêtera nette, brisée par les menaces de Matt. Robert, désabusé, le cœur ouvert en deux, quitte le Canada avec le fruit de leur union pour aller vivre en France. Il choisit donc de ranger sa vie en tant que marchand de commerce par obligations familiales. Quelques années plus tard, alors que sa compagne française a adopté sa fille, il est contraint de repartir à Vancouver. Nouveau coup du sort, son ex compagne coupe les ponts. Il se retrouve en Colombie-Britannique, au point de départ, tout seul, et s’isole dans la maison familiale que ses parents lui ont laissée. Il vit de petits boulots, a des aventures fugitives avec des copines, déprime totalement coupé de tout ce qu’il avait.

C’est un homme taciturne, désabusé que la vie semble avoir usé. Il est cependant en quête d’une ultime inspiration pour enfin pouvoir apporter quelque chose de tangible pendant son passage sur terre. Et en effet, un soir d’ultime déprime, l’improbable arrivera….

Paul Scarchi est le fils de Matt. Ce jeune homme de 25 ans se cherche toujours après de piètres études de musicologie et de philosophie à l’université de Victoria, où il vit avec sa grand-mère. Lorsqu’il rentre le week-end à Vancouver chez son père, il passe le plus clair de son temps au JAZZ-CLUB! – Vancouver où il a de nombreux amis dont Judy, qu’il considère comme la mère qu’il n’a jamais connu. Il est ambitieux, même si son goût prononcé pour les substances illégales, coke, amphétamine, et autres pillules, le détournent par moment du droit chemin. Il se cherche, aimerait ne pas ressembler à son père surtout, dont il regrette l’attitude de macho. Mais il redoute une issue tragique pour son père, le voyant sombrer dans une dépendance de plus en plus marquée pour l’alcool et le sexe, suite à ses déboires amoureux.

Quand, un soir de jam avec ses amis, son oreille est attirée par la douce et envoutante voix de cette jeune chanteuse qui vient d’arriver de France…

Haut en couleur, le barman est le conteur de la pièce. Homme de l’ombre, personnage sans époque ni âge, lyrique et absurde, au service de l’art qu’il sert avec brio et excès, il voit tout, entend tout et livre sa compréhension de l’intrigue au fil de la comédie.